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Les intervalles en musique expliqués par Aglaé aux enfants

3 oct.
5 min de lecture

Dernière mise à jour : 16 oct.

Bonjour, je suis Aglaé, ta guide des intervalles en musique !


Aglaé est la clé de Sol du Tout Petit Conservatoire qui, depuis 30 ans, crée, produit et distribue des méthodes de solfège et de piano ludiques, ainsi que des outils pédagogiques pour rendre l'apprentissage de la musique joyeux et accessible aux petits et aux tout-petits.


Aujourd'hui, Aglaé vous emmène découvrir les intervalles en musique : la distance entre deux notes. C'est un peu la « règle graduée » des musiciens.


Avec les intervalles, on comprend pourquoi une mélodie monte ou descend, pourquoi un accord sonne gai ou triste, et comment reconnaître une chanson dès ses deux premières notes. Vous êtes prêt ? Allons-y !


Qu'est-ce qu'un intervalle ?


Un intervalle, c'est l'écart de hauteur entre deux notes : plus elles sont éloignées, plus l'intervalle est grand. Do et ré sont voisines, l'intervalle est petit. Do et le do suivant sont loin, l'intervalle est grand.


On peut entendre un intervalle de deux façons :


  • Intervalle mélodique : les deux notes sont jouées l'une après l'autre, comme dans une mélodie que l'on chante.

  • Intervalle harmonique : les deux notes sont jouées en même temps, comme sur un piano quand on appuie sur deux touches à la fois.


Un intervalle mélodique peut aussi être ascendant (la deuxième note est plus aiguë) ou descendant (la deuxième note est plus grave). Do–mi monte, mi–do descend : c'est le même écart, dans deux sens opposés. Les intervalles ascendants et descendants se comptent de la même façon.


Comment compter un intervalle


Pour nommer un intervalle, on compte toutes les notes de la première à la dernière, en incluant les deux. De do à mi : do (1), ré (2), mi (3). Cela fait 3 notes, donc une tierce.


[Image à insérer : la portée des intervalles, de l'unisson à l'octave]


Les noms viennent des nombres : seconde (2), tierce (3), quarte (4), quinte (5), sixte (6), septième (7), octave (8). Quand les deux notes sont identiques, on parle d'unisson.


Attention au piège : on compte les notes, pas les pas. De do à ré, on ne fait qu'un pas, mais on compte 2 notes : c'est une seconde. Ça marche aussi en descendant : de sol à mi, on compte sol, fa, mi, soit une tierce.


Les intervalles ne partent pas forcément de do : vous pouvez créer un intervalle à partir de n'importe quelle note. La méthode reste la même, on compte les notes de la première à la dernière.


Par exemple :


  • Ré : fa : ré, mi, fa, soit 3 notes, c'est une tierce.

  • Mi : la : mi, fa, sol, la, soit 4 notes, c'est une quarte.

  • Sol : ré : sol, la, si, do, ré, soit 5 notes, c'est une quinte.

  • La : la : du la au la suivant, 8 notes, c'est une octave.


Les cartes d'Aglaé, intervalle par intervalle


Aglaé vous présente chaque intervalle sur une carte. Les deux notes y sont jouées l'une après l'autre, puis en même temps.


Tons et demi-tons : la couleur de l'intervalle


Compter les notes donne le nom de l'intervalle ; compter les tons et demi-tons donne sa qualité. Sur un piano, le demi-ton est le plus petit écart : on passe d'une touche à sa voisine immédiate, blanche ou noire. Deux demi-tons font un ton.


Entre deux touches blanches, il y a presque toujours une touche noire : l'écart est d'un ton. Sauf entre mi et fa, et entre si et do, où les touches se touchent : l'écart n'est que d'un demi-ton.


C'est pour ça que deux tierces ne sonnent pas pareil. Do–mi contient 2 tons : c'est une tierce majeure, lumineuse. Ré–fa contient 1 ton et demi : c'est une tierce mineure, plus douce, un peu mélancolique.


Voici les qualités possibles :


  • Majeur ou mineur : pour les secondes, tierces, sixtes et septièmes. Le majeur est plus grand d'un demi-ton que le mineur.

  • Juste : pour l'unisson, la quarte, la quinte et l'octave. Ces intervalles sonnent très stables, « purs ».

  • Augmenté ou diminué : un demi-ton de plus ou de moins que l'intervalle de référence. Fa–si (3 tons) est une quarte augmentée, aussi appelée triton, célèbre pour sa sonorité tendue. Un intervalle diminué, lui, compte un demi-ton de moins que l'intervalle de référence.


Tous les intervalles, de l'unisson à l'octave


Une octave contient 12 demi-tons. En comptant ses deux extrémités, cela donne 13 positions chromatiques, de 0 à 12 demi-tons. Pour reconnaître chaque intervalle à l'oreille, le plus simple est de l'associer au début d'une chanson connue. Par exemple, le triton do–fa♯ (fa dièse) s'entend dans « Maria ».


Intervalle

Exemple depuis do

Écart

Chanson repère (début)

Unisson

do : do

0

Au clair de la lune

Seconde mineure

do : ré♭

½ ton

Les Dents de la mer

Seconde majeure

do : ré

1 ton

Frère Jacques

Tierce mineure

do : mi♭

1 ton ½

Le chant du coucou (tierce mineure descendante)

Tierce majeure

do : mi

2 tons

Oh When the Saints

Quarte juste

do : fa

2 tons ½

Here Comes the Bride

Triton

do : fa♯

3 tons

Maria (West Side Story)

Quinte juste

do : sol

3 tons ½

Twinkle, Twinkle, Little Star

Sixte mineure

do : la♭

4 tons

The Entertainer (mi : do)

Sixte majeure

do : la

4 tons ½

My Bonnie

Septième mineure

do : si♭

5 tons

Thème de Star Trek

Septième majeure

do : si

5 tons ½

À toi de trouver !

Octave

do : do

6 tons

Over the Rainbow (« Some-where »)


Le truc d'Aglaé : chantez le début de la chanson, puis rejouez seulement ses deux premières notes. Votre oreille garde l'intervalle en mémoire, et vous le reconnaîtrez partout. Pour la septième majeure, à vous d'inventer votre propre chanson repère.


À quoi servent les intervalles en musique ?


Les intervalles sont les briques de toute la musique : chaque mélodie et chaque accord en est fait. Repérer l'écart entre deux notes sur la portée évite de les déchiffrer une à une, un réflexe qui prolonge la lecture des notes abordée dans le guide des cours de solfège ludiques pour enfants.


  • Lire et jouer plus vite : au lieu de déchiffrer note par note, on repère l'écart. « Ça monte d'une tierce » se lit d'un coup d'œil sur la portée.

  • Chanter juste : savoir de combien on doit monter ou descendre aide la voix à viser la bonne note.

  • Construire les accords : un accord parfait majeur, c'est une tierce majeure plus une tierce mineure empilées (do–mi–sol). Inversez l'ordre et l'accord devient mineur (do–mi♭–sol).

  • Harmoniser une mélodie : harmoniser, c'est mettre des accords sous le chant. Au piano, vous jouez la mélodie à la main droite et l'accompagnement à la main gauche, avec des accords construits à partir des intervalles qui servent la mélodie.

  • Créer des émotions : la tierce majeure sonne joyeuse, la tierce mineure plus triste, le triton tendu, la quinte et l'octave stables et solides.

  • Développer l'oreille : reconnaître les intervalles, c'est pouvoir rejouer une chanson entendue, improviser ou composer ses propres mélodies.

  • Transposer : une mélodie garde son caractère dans n'importe quelle tonalité, tant que ses intervalles restent les mêmes. C'est pour ça qu'on peut chanter Joyeux anniversaire plus aigu ou plus grave.


À toi de jouer avec les intervalles !


Quelques minutes par jour suffisent pour que l'oreille apprenne les intervalles. Voici des jeux à faire seul ou en famille :


Ma liste de progrès :


  • ☐ Je sais dire ce qu'est un intervalle

  • ☐ Je sais compter un intervalle sur la portée

  • ☐ Je connais la différence entre un ton et un demi-ton

  • ☐ Je reconnais au moins trois intervalles grâce aux chansons


Bravo, vous connaissez maintenant les intervalles ! Retenez bien : le nom se trouve en comptant les notes, la couleur en comptant les tons. À très vite pour une nouvelle aventure musicale avec Aglaé !


Pour vous entraîner à lire et écrire des intervalles, découvrez nos cartes de portées musicales vierges.


 
 
 

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